Carrieretudes · Classes préparatoires · MPSI / MP2I · Semestre 1

Mathématiques MPSI

Le programme de mathématiques du premier semestre de prépa, de la logique jusqu'au calcul matriciel. Chaque chapitre suit le même trajet : un cours rigoureux avec ses démonstrations, une fiche méthode qui dit quoi faire devant un énoncé, puis un TD complet aux exercices gradués et entièrement corrigés.

13 chapitres39 blocs128 exercices de TD corrigés
CoursDéfinitions, théorèmes, démonstrations à ouvrir, vrai ou faux pour vérifier.
MéthodesLes réflexes à avoir devant chaque type de question, avec un exemple rédigé.
TDUne feuille de TD de prépa : énoncés gradués, indications, corrigés rédigés.
Ta progressionCoche « Compris » sur chaque bloc : ta progression est enregistrée et visible dans le sommaire.
★application directe du cours★★exercice classique★★★type concours★★★★approfondissement

Partie 1

Fondements

Le langage commun de toutes les mathématiques de prépa : logique, ensembles, applications, et le calcul algébrique sans lequel rien ne tient.

Chapitre 1

Logique et raisonnements

3 blocs · Cours → Méthodes → TD

1.1Cours
1.1

Logique et modes de raisonnement

Notions : assertions, connecteurs, quantificateurs, négation, contraposée, absurde, analyse-synthèse, récurrences simple, double et forte

Cours
Assertions et connecteurs logiques

Une assertion (ou proposition) est un énoncé mathématique dont on peut dire qu'il est vrai ou faux, sans ambiguïté. « 2+2=4 » est une assertion vraie, « 2∈Q » une assertion fausse. Un énoncé qui dépend d'une variable, comme « x≥0 », est un prédicat : il devient une assertion quand on fixe x.

Définition Connecteurs

À partir de deux assertions P et Q, on construit : la négation ¬P (« non P »), la conjonction P∧Q (« P et Q »), la disjonction P∨Q (« P ou Q », ou inclusif), l'implication P⇒Q et l'équivalence P⇔Q. Leurs valeurs de vérité sont données par la table ci-dessous.

PQ¬PP∧QP∨QP⇒QP⇔Q
VVFVVVV
VFFFVFF
FVVFVVF
FFVFFVV

L'implication P⇒Q est donc fausse dans un seul cas : P vraie et Q fausse. En particulier, une implication dont l'hypothèse est fausse est vraie. Par définition, P⇒Q a la même table que (¬P)∨Q. On dit que P est une condition suffisante pour Q, et que Q est une condition nécessaire pour P.

Proposition Règles de calcul

Pour toutes assertions P,Q,R :

  • double négation : ¬(¬P)⇔P ;
  • lois de De Morgan : ¬(P∧Q)⇔(¬P)∨(¬Q) et ¬(P∨Q)⇔(¬P)∧(¬Q) ;
  • distributivité : P∧(Q∨R)⇔(P∧Q)∨(P∧R) et P∨(Q∧R)⇔(P∨Q)∧(P∨R) ;
  • négation d'une implication : ¬(P⇒Q)⇔P∧¬Q ;
  • contraposée : (P⇒Q)⇔(¬Q⇒¬P) ;
  • double implication : (P⇔Q)⇔((P⇒Q)∧(Q⇒P)).
Démonstration

Chaque équivalence se vérifie sur une table de vérité à 4 ou 8 lignes. Par exemple pour la contraposée : ¬Q⇒¬P équivaut à ¬(¬Q)∨¬P, c'est-à-dire à Q∨¬P, qui est exactement P⇒Q. Pour la négation de l'implication : ¬(¬P∨Q)⇔P∧¬Q par De Morgan.

Attention

La réciproque de P⇒Q est Q⇒P : elle n'a aucune raison d'être vraie (x=2⇒x2=4 est vraie, la réciproque est fausse). La contraposée ¬Q⇒¬P, elle, est toujours équivalente à l'implication de départ. Et la négation de « P⇒Q » n'est pas une implication : c'est « P et non Q ».

Quantificateurs

Définition Quantificateurs

Soit P(x) un prédicat portant sur les éléments x d'un ensemble E.

  • ∀x∈E,P(x) signifie : pour tout élément x de E, P(x) est vraie.
  • ∃x∈E,P(x) signifie : il existe au moins un élément x de E tel que P(x) soit vraie.
  • ∃!x∈E,P(x) signifie : il existe un et un seul tel x.

La variable quantifiée est muette : ∀x∈R,x2≥0 et ∀t∈R,t2≥0 disent la même chose. En revanche, l'ordre des quantificateurs de natures différentes compte.

Exemple L'ordre change tout

« ∀x∈R,∃y∈R,y>x » est vraie (prendre y=x+1 : y dépend de x). « ∃y∈R,∀x∈R,y>x » est fausse : elle affirme qu'un même réel y est plus grand que tous les réels, y compris lui-même. On peut toujours échanger deux ∀ consécutifs, ou deux ∃ consécutifs, mais jamais un ∀ et un ∃.

Proposition Négation d'une assertion quantifiée

¬(∀x∈E,P(x))⟺∃x∈E,¬P(x)¬(∃x∈E,P(x))⟺∀x∈E,¬P(x)

Pour nier une assertion, on échange les ∀ et les ∃ sans changer leur ordre, puis on nie le prédicat final.

Exemple Nier une définition

« La suite (un) est majorée » s'écrit ∃M∈R,∀n∈N,un≤M. Sa négation, « (un) n'est pas majorée », s'écrit ∀M∈R,∃n∈N,un>M. Pour une fonction f:R→R, « f est croissante » s'écrit ∀(x,y)∈R2,x≤y⇒f(x)≤f(y), et « f n'est pas croissante » s'écrit ∃(x,y)∈R2,x≤yetf(x)>f(y). Attention : « non croissante » ne veut pas dire « décroissante ».

Les modes de raisonnement

Raisonnement direct. Pour montrer P⇒Q, on suppose P vraie et on en déduit Q. La rédaction commence par « Supposons P. » ou « Soit x tel que… ».

Par contraposée. Pour montrer P⇒Q, on montre ¬Q⇒¬P. Exemple : si n2 est pair, alors n est pair. Contraposée : si n est impair, n=2k+1, alors n2=2(2k2+2k)+1 est impair.

Par l'absurde. Pour montrer P, on suppose ¬P et on aboutit à une contradiction.

Théorème Irrationalité de 2

2 n'est pas un nombre rationnel.

Démonstration

Par l'absurde, supposons 2=p/q avec p∈Z, q∈N∗, et la fraction irréductible. Alors p2=2q2 est pair, donc p est pair (contraposée ci-dessus) : p=2p′. Il vient 4p′2=2q2, soit q2=2p′2, donc q est pair aussi. Alors 2 divise p et q, ce qui contredit l'irréductibilité.

Théorème Euclide

Il existe une infinité de nombres premiers.

Démonstration

Par l'absurde, supposons qu'il n'y en ait qu'un nombre fini p1,…,pr. Posons N=p1p2⋯pr+1≥2. N admet un diviseur premier p (son plus petit diviseur ≥2 est premier), qui est l'un des pi. Alors p divise N et p1⋯pr, donc divise leur différence 1 : contradiction.

Disjonction de cas. Pour montrer P, on sépare en cas qui recouvrent toutes les possibilités (par exemple n pair / n impair, x≥0 / x<0).

Analyse-synthèse. Pour déterminer tous les objets vérifiant une propriété, on procède en deux temps. Analyse : on suppose qu'un objet convient et on accumule des conditions nécessaires, jusqu'à n'avoir plus qu'un petit nombre de candidats. Synthèse : on vérifie quels candidats conviennent réellement.

Proposition Fonctions paires et impaires

Toute fonction f:R→R s'écrit de manière unique f=p+i avec p paire et i impaire.

Démonstration

Analyse. Si f=p+i convient, alors f(−x)=p(x)−i(x). En ajoutant et soustrayant avec f(x)=p(x)+i(x), on obtient p(x)=f(x)+f(−x)2 et i(x)=f(x)−f(−x)2 : il y a au plus une décomposition (unicité).

Synthèse. Les fonctions p et i ainsi définies sont respectivement paire et impaire, et p+i=f : la décomposition existe. Exemple : ex=chx+shx.

Le raisonnement par récurrence

Axiome Principe de récurrence

Soit n0∈N et P(n) un prédicat défini pour n≥n0. Si P(n0) est vraie (initialisation) et si, pour tout n≥n0, P(n)⇒P(n+1) (hérédité), alors P(n) est vraie pour tout n≥n0.

Ce principe est équivalent à une propriété fondamentale de N : **toute partie non vide de N admet un plus petit élément**. On l'admet.

Exemple Une récurrence simple

Montrons que pour tout n∈N∗, ∑k=1nk=n(n+1)2. Notons P(n) cette égalité. Initialisation : pour n=1, les deux membres valent 1. Hérédité : soit n≥1 tel que P(n) soit vraie. Alors ∑k=1n+1k=n(n+1)2+(n+1)=(n+1)(n+2)2, c'est P(n+1). Conclusion : P(n) est vraie pour tout n≥1.

Théorème Récurrences double et forte

Récurrence double : si P(n0) et P(n0+1) sont vraies, et si pour tout n≥n0, (P(n)∧P(n+1))⇒P(n+2), alors P(n) est vraie pour tout n≥n0.

Récurrence forte : si P(n0) est vraie, et si pour tout n≥n0, (P(n0)∧⋯∧P(n))⇒P(n+1), alors P(n) est vraie pour tout n≥n0.

Démonstration

Pour la récurrence forte, on applique la récurrence simple au prédicat Q(n) : « P(k) est vraie pour tout k∈[[n0,n]] ». Q(n0) est P(n0), vraie. Si Q(n) est vraie, l'hypothèse donne P(n+1), donc Q(n+1). Ainsi Q(n) est vraie pour tout n, et a fortiori P(n). La récurrence double se traite de même avec Q(n)=P(n)∧P(n+1).

Exemple Récurrence forte : décomposition en facteurs premiers

Tout entier n≥2 est un produit de nombres premiers. Si c'est vrai pour tous les entiers de [[2,n]], considérons n+1 : soit il est premier (c'est un produit à un facteur), soit n+1=ab avec 2≤a,b≤n, et il suffit de multiplier les décompositions de a et de b, qui existent par hypothèse. Une récurrence simple ne suffirait pas : on a besoin de P(a) et P(b), pas de P(n).

Attention

Une hérédité qui ne fonctionne pas pour tous les n ruine la preuve. Le célèbre « tous les chevaux ont la même couleur » échoue au passage de n=1 à n=2 : les deux groupes de n chevaux utilisés n'ont alors aucun cheval en commun.

Vrai ou faux ? Réponds avant d'ouvrir.

Si P est fausse, alors P⇒Q est vraie, quelle que soit Q.

Vrai. C'est la troisième et la quatrième ligne de la table de vérité. « Si 1=2, alors je suis le pape » est une implication vraie.

La négation de « ∀ε>0,∃N∈N,∀n≥N,|un|≤ε » est « ∀ε>0,∃N,∀n≥N,|un|>ε ».

Faux. On n'a pas échangé les quantificateurs. La négation correcte est ∃ε>0,∀N∈N,∃n≥N,|un|>ε.

(P⇒Q) est équivalente à (¬Q⇒¬P).

Vrai. C'est la contraposée ; les deux ont la même table de vérité.

Pour montrer qu'une propriété est vraie pour tout n, il suffit de la vérifier pour n=0,1,2,…,10.

Faux. Aucun nombre fini de vérifications ne remplace une preuve. n2+n+41 est premier pour n=0,…,39, mais pas pour n=40 : 402+40+41=412.

1.2Méthodes

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