Carrieretudes · Classes préparatoires · MPSI / MP2I · Semestre 2

Mathématiques MPSI · semestre 2

Le programme de mathématiques du second semestre de prépa, des développements limités jusqu'aux variables aléatoires, en passant par toute l'algèbre linéaire. Chaque chapitre suit le même trajet : un cours rigoureux avec ses démonstrations, une fiche méthode qui dit quoi faire devant un énoncé, puis un TD complet aux exercices gradués et entièrement corrigés.

13 chapitres39 blocs130 exercices de TD corrigés
CoursDéfinitions, théorèmes, démonstrations à ouvrir, vrai ou faux pour vérifier.
MéthodesLes réflexes à avoir devant chaque type de question, avec un exemple rédigé.
TDUne feuille de TD de prépa : énoncés gradués, indications, corrigés rédigés.
Ta progressionCoche « Compris » sur chaque bloc : ta progression est enregistrée et visible dans le sommaire.
★application directe du cours★★exercice classique★★★type concours★★★★approfondissement

Partie 1

Analyse asymptotique et intégration

Comparer, approcher, intégrer, sommer : développements limités, intégrale de Riemann et séries numériques, les outils de calcul de toute l'analyse de seconde année.

Chapitre 14

Analyse asymptotique

3 blocs · Cours → Méthodes → TD

14.1Cours
14.1

Relations de comparaison et développements limités

Notions : négligeabilité, domination, équivalence, croissances comparées, équivalents usuels, opérations sur les équivalents, développements limités, formule de Taylor-Young, opérations sur les DL, applications à l'étude locale, développements asymptotiques

Cours

Dans tout le chapitre, a désigne un réel ou ±∞, et les fonctions sont définies au voisinage de a (éventuellement privé de a). Tout ce qui est dit pour les fonctions vaut pour les suites, avec a=+∞.

Relations de comparaison

Définition Négligeabilité, domination, équivalence

Soit f,g définies au voisinage de a, où g ne s'annule pas (sauf peut-être en a).

  • f est négligeable devant g en a, noté f=o(g), si fg→0 en a.
  • f est dominée par g en a, noté f=O(g), si fg est bornée au voisinage de a.
  • f est équivalente à g en a, noté f∼g, si fg→1 en a, autrement dit si f−g=o(g).

Remarque

La définition générale (sans hypothèse sur les zéros de g) s'écrit f=εg avec ε→0 (resp. ε bornée, resp. ε→1) au voisinage de a. Ainsi, f=o(1) signifie f→0, et f=O(1) signifie que f est bornée au voisinage de a.

Théorème Croissances comparées

Pour α,β>0 et q>1 :

(ln⁡x)β=o(xα)en+∞,xα=o(eβx)en+∞,|ln⁡x|β=o(1xα)en0+.

Pour les suites : nα=o(qn), qn=o(n!) et n!=o(nn).

Démonstration

Les trois premières ont été établies au chapitre 5. Pour qn=o(n!) : si un=qnn!, alors un+1un=qn+1≤12 dès que n≥2q, donc un≤C2−n→0. Pour n!=o(nn) : n!nn=1n⋅2n⋯nn≤1n.

Proposition Propriétés de l'équivalence

  • ∼ est une relation d'équivalence.
  • Si f∼g et g→ℓ, alors f→ℓ. Si f∼g, f et g ont le même signe au voisinage de a.
  • Produits et quotients : si f1∼g1 et f2∼g2, alors f1f2∼g1g2 et f1f2∼g1g2. Pour α réel fixé et f,g>0, fα∼gα.
  • Si f∼g en a et si φ(t)→a quand t→b, alors f∘φ∼g∘φ en b (on peut substituer dans un équivalent).
Démonstration

Chaque point se lit sur les quotients : f1f2g1g2=f1g1⋅f2g2→1, (fg)α→1α=1 par continuité de t↦tα en 1, et fg∘φ→1 par composition des limites. Pour le signe : fg≥12 au voisinage de a.

Attention Ce qu'on ne fait pas avec les équivalents

  • Pas de somme : x+x2∼x+x3 en 0 et −x∼−x, mais x2≁x3. On additionne des DL, pas des équivalents.
  • Pas de composition à gauche : n+1∼n, mais en+1≁en. En revanche, ln⁡f∼ln⁡g si f∼g et g→ℓ∈[0,+∞]∖{1}.
  • On n'écrit jamais f∼0 (sauf si f est nulle au voisinage de a).

Proposition Équivalents usuels en 0

sin⁡x∼x,tan⁡x∼x,ln⁡(1+x)∼x,ex−1∼x,1−cos⁡x∼x22,(1+x)α−1∼αx(α≠0),Arctanx∼x,shx∼x.
Démonstration

Ce sont des taux d'accroissement : sin⁡xx=sin⁡x−sin⁡0x−0→sin′⁡(0)=1, et de même pour les autres, en utilisant la dérivée en 0. Pour le cosinus, 1−cos⁡x=2sin2⁡x2∼2⋅x24.

Développements limités

Définition Développement limité

f admet un **développement limité à l'ordre n en 0** (en abrégé DLn(0)) s'il existe des réels a0,…,an tels que

f(x)=a0+a1x+⋯+anxn+o(xn)quand x→0.

Le polynôme ∑akxk est la partie régulière du DL. En un point x0, on étudie h↦f(x0+h) en 0.

Proposition Unicité, troncature, parité

Si f admet un DLn(0), sa partie régulière est unique. En tronquant, on obtient un DLp(0) pour tout p≤n. Si f est paire (resp. impaire), sa partie régulière est paire (resp. impaire).

Démonstration

Si ∑akxk−∑bkxk=o(xn) avec des coefficients différents, soit k0 le plus petit indice où ak0≠bk0. En divisant par xk0 et en faisant x→0, on obtient ak0−bk0=0 : contradiction. Pour la parité, f(−x)=∑ak(−x)k+o(xn) est aussi un DL de f(−x)=f(x), et l'unicité donne ak=(−1)kak.

Proposition DL d'ordre 0 et 1

f admet un DL0(0) si et seulement si elle a une limite finie a0 en 0 (elle est alors prolongeable par continuité). Si f est définie en 0, elle admet un DL1(0) si et seulement si elle est dérivable en 0, et alors f(x)=f(0)+f′(0)x+o(x).

Attention Pas de réciproque à l'ordre 2

f(x)=x3sin⁡1x (prolongée par f(0)=0) vérifie f(x)=o(x2) : elle a un DL2(0) nul. Mais f′(x)=3x2sin⁡1x−xcos⁡1x n'est pas dérivable en 0 : un DL2 ne garantit pas l'existence de f″(0).

Lemme Intégration d'un petit o

Si f est dérivable au voisinage de 0 et f′(x)=o(xn), alors f(x)−f(0)=o(xn+1).

Démonstration

Soit ε>0 et δ>0 tel que |f′(t)|≤ε|t|n pour |t|≤δ. Pour 0<|x|≤δ, l'inégalité des accroissements finis sur le segment d'extrémités 0 et x, où |f′|≤ε|x|n, donne |f(x)−f(0)|≤ε|x|n⋅|x|.

Théorème Primitivation d'un DL

Si f est dérivable au voisinage de 0 et si f′(x)=∑k=0nakxk+o(xn), alors

f(x)=f(0)+∑k=0nakk+1xk+1+o(xn+1).
Démonstration

On applique le lemme à g(x)=f(x)−∑kakk+1xk+1, dont la dérivée est o(xn) et qui vaut f(0) en 0.

Théorème Formule de Taylor-Young

Si f est de classe Cn au voisinage de 0, alors

f(x)=∑k=0nf(k)(0)k!xk+o(xn).
Démonstration

Récurrence sur n. Pour n=0, c'est la continuité de f en 0. Si le résultat est vrai au rang n, et si f est Cn+1, on l'applique à f′, qui est Cn : f′(x)=∑k=0nf(k+1)(0)k!xk+o(xn). La primitivation donne f(x)=f(0)+∑k=0nf(k+1)(0)(k+1)!xk+1+o(xn+1), qui est la formule au rang n+1.

Proposition Développements limités usuels en 0

ex=∑k=0nxkk!+o(xn)11−x=∑k=0nxk+o(xn)cos⁡x=∑k=0n(−1)kx2k(2k)!+o(x2n+1)sin⁡x=∑k=0n(−1)kx2k+1(2k+1)!+o(x2n+2)chx=∑k=0nx2k(2k)!+o(x2n+1)shx=∑k=0nx2k+1(2k+1)!+o(x2n+2)ln⁡(1+x)=∑k=1n(−1)k−1xkk+o(xn)Arctanx=∑k=0n(−1)kx2k+12k+1+o(x2n+2)(1+x)α=1+αx+α(α−1)2x2+⋯+(αn)xn+o(xn)tan⁡x=x+x33+2x515+o(x6)

avec (αk)=α(α−1)⋯(α−k+1)k!.

Démonstration

ex, cos, sin, ch, sh et (1+x)α : Taylor-Young, les dérivées successives en 0 étant connues (l'ordre gagné pour cos et sin vient de la parité, le terme suivant étant nul). 11−x : ∑k=0nxk=1−xn+11−x, donc 11−x−∑k=0nxk=xn+11−x=o(xn). ln⁡(1+x) et Arctanx : primitivation de 11+x et 11+x2, obtenus en remplaçant x par −x et −x2. tan : voir la fiche méthode (quotient), ou tan′=1+tan2 et primitivation successive.

Le schéma ci-dessous trace une fonction usuelle et son polynôme de Taylor en 0. Augmente l'ordre pour voir l'approximation s'étendre, et remarque qu'avec ln⁡(1+x) ou 11−x elle ne dépasse jamais x=1.

exp · polynôme de Taylor d'ordre 3 · écart en x = 0,5 : 2.89e-3

En vert : la fonction. En bordeaux : son polynôme de Taylor d'ordre n en 0. L'approximation est excellente près de 0, et d'autant plus large que n est grand pour exp, sin et cos.

Opérations sur les développements limités

Proposition Somme, produit, composition

Soit f et g admettant des DLn(0) de parties régulières P et Q.

  • f+g admet un DLn(0) de partie régulière P+Q.
  • fg admet un DLn(0) dont la partie régulière est PQ tronqué au degré n.
  • Si g(0)=0 (donc Q(0)=0), f∘g admet un DLn(0), obtenu en développant P(Q(x)) et en tronquant au degré n.
  • En particulier, si g(0)=0, 11−g admet un DLn(0) : 11−g=1+g+g2+⋯+gn+o(xn). Si g(0)≠0, on écrit 1g=1g(0)⋅11−u avec u=1−gg(0)→0.
Démonstration

Pour le produit : fg=(P+o(xn))(Q+o(xn))=PQ+Po(xn)+Qo(xn)+o(x2n)=PQ+o(xn), car P et Q sont bornés au voisinage de 0. Les termes de PQ de degré >n sont aussi des o(xn). Pour la composition, on admet le détail des majorations ; l'idée est que g(x)=O(x), donc gk=O(xk), et les termes o(gn) sont des o(xn).

Remarque

Pour calculer efficacement, on choisit dès le départ l'ordre de chaque facteur : si g=O(xp), il suffit de développer f à l'ordre n−p dans le produit fg (exemple : x⋅sin⁡x à l'ordre 5 demande sin⁡x à l'ordre 4).

Applications

Proposition Étude locale d'une fonction

Si f(x)=a0+a1x+apxp+o(xp) avec p≥2 et ap≠0, alors y=a0+a1x est la tangente en 0, et la courbe est localement au-dessus de la tangente si ap>0 et p pair, en dessous si ap<0 et p pair, et la traverse si p est impair (point d'inflexion).

Démonstration

f(x)−(a0+a1x)=apxp+o(xp)∼apxp, qui a localement le signe de apxp.

Définition Développement asymptotique

En ±∞, on pose x=1t avec t→0. Si f(x)x=a+bx+cxp+o(1xp) avec c≠0, p≥2, alors f(x)=ax+b+cxp−1+o(1xp−1) : la droite y=ax+b est asymptote, et le signe de cxp−1 donne la position de la courbe par rapport à l'asymptote.

Tester ses réflexes

Vrai ou faux ? Réponds avant d'ouvrir.

Si f∼g et h∼k, alors f+h∼g+k.

Faux. En +∞ : n+1∼n et −n∼−n, mais 1≁0.

Si un∼vn et vn→ℓ≠0, alors un→ℓ.

Vrai. un=unvnvn→1⋅ℓ. C'est même vrai pour ℓ=0 et ℓ=±∞.

en+1n∼en et donc en+n∼en.

Faux. Le premier est vrai (le quotient e1/n→1), mais pas le second (en→+∞). Pour composer par l'exponentielle, il faut que la différence tende vers 0.

ln⁡(n+1)∼ln⁡n.

Vrai. ln⁡(n+1)=ln⁡n+ln⁡(1+1n)=ln⁡n+o(1), et ln⁡n→+∞.

Une fonction qui admet un DL2(0) est deux fois dérivable en 0.

Faux. Contre-exemple x3sin⁡1x du cours.

Si f admet le DL f(x)=1+2x−x3+o(x3), la courbe traverse sa tangente en 0.

Vrai. f(x)−(1+2x)∼−x3 change de signe en 0.

14.2Méthodes

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